Culture et langue asturiennes · Essai
L'officialité de l'asturien — comparaison avec le catalan, le basque et le galicien
27 juin 2026
L'asturien est reconnu et protégé par le Statut d'autonomie des Asturies, mais n'est pas coofficiel. Cet article compare son statut à celui du catalan, du basque et du galicien, et présente les données du débat.
Reconnaissance sans coofficialité
Le Statut d’autonomie des Asturies reconnaît et protège l’asturien comme langue propre de la principauté, mais ne le déclare pas coofficiel avec le castillan. Cette distinction — reconnaissance contre coofficialité — est au cœur de tout le débat sur l’ officialité de l’asturien.
La reconnaissance implique protection et promotion ; la coofficialité implique un usage obligatoire, à égalité juridique, dans l’administration, l’éducation et la justice. L’asturien bénéficie de la première, pas de la seconde.
Comparaison avec les trois langues coofficielles
Catalan
Coofficiel en Catalogne, aux Îles Baléares et dans la Communauté valencienne (sous le nom de valencien). Il dispose d’un cadre juridique imposant son usage dans l’administration régionale depuis des décennies.
Basque
Coofficiel au Pays basque et dans une partie de la Navarre. Son autorité normative, Euskaltzaindia, a été fondée en 1919, soit plus de soixante ans d’avance normative avant la naissance de son équivalent asturien.
Galicien
Coofficiel en Galice depuis le Statut d’autonomie galicien, avec une présence pleine dans l’éducation, l’administration et les médias publics.
Asturien
Aucun de ces trois statuts juridiques ne s’applique à l’asturien. Son autorité normative, l’ALLA, a été fondée en 1980, plus de soixante ans après Euskaltzaindia — un décalage qui marque aussi le rythme du processus de normalisation linguistique asturien, entamé plus tardivement.
Le déficit, en données
L’argument technique le plus cité en faveur de l’officialité s’appuie sur l’enquête sociolinguistique de 2017 : 62 % de la population asturienne comprend ou parle l’asturien, 38 % le comprend, le parle et le lit, et 25 % maîtrise pleinement la lecture et l’écriture.
Cette base sociale — mesurée avec rigueur statistique, sur un échantillon de 600 personnes et avec une marge d’erreur de ±4,08 % — est comparable, en volume relatif, à celle qu’avaient le catalan, le basque et le galicien au moment où ils ont obtenu la coofficialité dans leurs territoires respectifs.
Ce qui manque
La différence entre l’asturien et les trois autres langues ne tient donc ni à la base sociale ni à l’autorité normative — l’ALLA joue le même rôle qu’Euskaltzaindia ou l’Institut d’Estudis Catalans — mais exclusivement à un facteur juridique : la déclaration explicite de coofficialité que le Statut d’autonomie des Asturies ne contient toujours pas.
Bibliographie
Les sources juridiques et institutionnelles sur lesquelles s’appuie cet article :
- Estatutu d’Autonomía d’Asturies (Loi organique 7/1981).
- Academia de la Llingua Asturiana. III Estudiu Sociollingüísticu d’Asturies. https://alladixital.org
- Euskaltzaindia. Euskaltzaindia, la Academia de la Llingua Vasca. https://www.euskaltzaindia.eus