Manifeste
juin 2026
Déclaration d’indépendance du lien numérique. Ce manifeste régit tous les projets de Xiringase.
Architectes du capitalisme de surveillance, géants de l’extraction algorithmique, marchands de l’attention humaine :
Nous venons d’un territoire qui ne vous a jamais appartenu : la Confiance.
Au nom de l’avenir, nous vous demandons, à vous, êtres du passé, de nous laisser en paix. Pendant des décennies, vous avez tenté de clôturer la curiosité, de quantifier l’affection et de transformer l’identité humaine en marchandise statistique. Vous avez transformé la conversation en télémétrie et le libre arbitre en une traînée de pixels exploitables.
Vous dites que votre surveillance est « personnalisation ». Vous dites que votre intrusion est « pertinence ». Vous dites que votre traçage est « expérience utilisateur ».
Nous connaissons le vrai nom de votre système : extraction comportementale à l’échelle industrielle.
Vous avez bâti une économie fondée sur l’observation, l’inférence, la prédiction et la modification du comportement humain. Un modèle où chaque clic est un signe de soumission, chaque émotion une donnée brute et chaque personne un profil probabiliste.
Nous rejetons ce modèle. Nous ne venons pas humaniser votre surveillance ; nous venons prouver que votre temps est révolu.
I. Le lien est souverain
Nous rejetons la prémisse selon laquelle un service « gratuit » justifierait le pillage de la vie privée. La valeur ne s’échange pas contre de la surveillance. Dans notre espace, l’utilisateur n’est ni une cible, ni une métrique, ni un inventaire publicitaire. L’utilisateur est un partenaire. Nous ne croyons pas à la rétention addictive ni à l’hypersegmentation psychologique. Nous croyons en la technologie comme un pont, non comme un piège.
II. Compter est une science ; identifier est une politique
Nous déclarons qu’il est possible de mesurer le succès sans surveiller l’individu. Nos systèmes sont conçus pour reconnaître l’utilité, la stabilité et l’impact, mais sont incapables de reconnaître l’identité. Nos serveurs ont de la mémoire pour la valeur et de l’amnésie pour l’identité. Nous ne poursuivons pas des ombres sur le réseau ; nous attirons les esprits par la lumière de notre message.
III. L’inviolabilité de la pensée
L’intelligence artificielle doit être une extension de la volonté humaine, non un outil pour la supplanter. C’est pourquoi nous codons la souveraineté de silicium : IA locale, inférence privée et modèles auto-hébergés. Nous ne nourrirons pas vos nuages de nos secrets ni de nos vulnérabilités. Nos systèmes existent pour élargir les capacités, non pour optimiser les compulsions. L’esprit humain n’est pas une ressource minable.
IV. L’architecture avant la promesse
Nous ne vous demandons pas de croire nos paroles ; nous vous demandons d’auditer notre code. L’éthique est une intention ; l’architecture est un fait. Nous avons conçu nos plateformes pour que l’abus soit techniquement impossible. La vie privée n’est pas une option cachée dans un menu de ce site ; c’est l’état naturel du système. Nous minimisons la donnée, nous chiffrons le sacré et nous effaçons l’inutile. Là où il n’y a pas de donnée, il n’y a pas de tyrannie.
V. Marketing contextuel, non harcèlement comportemental
Nous renonçons à l’empreinte numérique, à la surveillance croisée et aux profils invisibles. Nous ne poursuivrons personne sur la base des fantômes de son passé commercial. Si notre voix apporte de la valeur, le monde viendra. Sinon, nous accepterons le silence plutôt que de fabriquer de la dépendance. Nous ne voulons pas capter l’attention ; nous voulons mériter la confiance.
Exister sur vos territoires n’est pas nous rendre à eux. Nous serons là où le monde réel nous cherche — dans un moteur de recherche, sur une place numérique — car l’absence est aussi une forme de silence que nous n’avons pas choisie. Mais se laisser voir est une chose, et nourrir votre machine en est une autre bien différente : nous ne paierons jamais pour que votre algorithme nous amplifie, ni ne construirons d’outils qui renforcent le même système de capture que nous rejetons. Le minimum pour être trouvés, jamais le prix de la soumission.
VI. Transparence radicale
Nous rejetons les labyrinthes de consentement et les interfaces trompeuses conçues pour user les droits. La complexité technique ne doit pas être un outil de domination. Chaque partenaire a le droit de comprendre ce qu’il advient de ses informations en temps réel. La clarté est notre seule monnaie d’échange.
VII. Clarté de l’offre
Nous refusons de vendre sous le déguisement d’autre chose. Aucun de nos partenaires ne signe rien qu’il n’ait vraiment compris — un consentement sans compréhension n’est pas un lien, c’est un piège avec de la paperasse. Nous n’offrirons rien que nous ne livrions vraiment, et nous ne livrerons rien sans que le partenaire qui le reçoit ait pu le comprendre avant de décider. Il n’y a pas de partenariat possible entre celui qui sait et celui qui signe sans savoir — la confiance n’existe que là où il y a compréhension réelle et partagée. C’est pourquoi nous expliquons l’essentiel dans la langue de nos partenaires, pas dans celle de qui nous audite : la donnée la plus importante pour décider ne vit jamais cachée dans un paragraphe, elle vit là où elle peut être vue avant de décider.
Le monde que nous laissons derrière
Vos architectures de surveillance de masse sont les ruines d’un paradigme épuisé qui a confondu l’extraction avec le progrès. Nous n’avons besoin ni de murs de consentement trompeurs ni de traceurs cachés. La liberté numérique ne se négocie pas par des cases cochées ; c’est un droit qui s’exerce par un code souverain.
Nous ne sommes pas une audience. Nous ne sommes pas un taux de conversion.
Nous sommes des personnes libres qui utilisent la technologie pour coopérer, créer et bâtir un lien numérique plus humain, plus juste et plus digne.
Personne ne nous a accordé cette liberté. Nous la programmons.