La Vieya Asturies — un fanzine punk en asturien

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La Vieya Asturies — un fanzine punk en asturien

5 juillet 2026

La Vieya Asturies est le fanzine satirique et punk de Xiringase, écrit entièrement en asturien. Cet article raconte son histoire, son principe éditorial d'« ancrage factuel » et pourquoi il frappe toujours vers le haut.

Qu’est-ce que La Vieya Asturies

La Vieya Asturies est un fanzine comique, satirique et punk, écrit entièrement en asturien, avec des numéros mensuels au format web et PDF d’une page. C’est le troisième projet réel du catalogue éditorial de Xiringase, aux côtés d’asturianu.org et de tever.es, et le premier pensé spécifiquement pour la satire et l’humour.

Sa déclaration d’intentions ne tourne pas autour du pot : « Ici on travaille, pas comme d’autres ». L’illustration qui donne son nom au projet — une grand-mère à lunettes noires qui pointe du doigt en criant « ¡Gochonos! » (à peu près « bande de cochons ! ») — n’est pas un logo sympathique, c’est une attitude : celle d’une vieille femme qui a tout vu, qui n’a plus rien à perdre, et qui dit les choses telles qu’elles sont sans s’excuser.

L’antagoniste populaire de la presse institutionnelle

Le fanzine se définit comme l’antagoniste populaire de la presse institutionnelle asturienne — une référence directe à La Nueva España, le journal de référence de la Principauté — et puise dans la tradition de la satire graphique espagnole (El Jueves est la comparaison explicite que fait le projet lui-même), mais appliquée spécifiquement à la réalité asturienne et écrite uniquement en asturien, pas en castillan.

Ce n’est pas une posture anodine. Le manifeste du projet, intitulé « ¿Qu’osties faemos equí? » (à peu près « qu’est-ce qu’on fout là »), l’explique avec une précision chirurgicale : pendant que certains vendaient le paradis rural, d’autres partaient parce qu’il n’y avait pas de travail ; pendant que certains parlaient de modernité, Renfe continuait d’arriver en retard. La Vieya revient parce que quelqu’un devait le dire.

Frapper vers le haut, jamais vers le bas

La règle la plus importante du projet n’est pas esthétique, elle est éthique : la satire s’attaque toujours au pouvoir — institutions, spéculation immobilière, bureaucratie, grandes entreprises — et jamais à ceux qui souffrent déjà. C’est une ligne rouge inviolable qui sépare la satire de la cruauté gratuite : la critique vise Renfe pour ses retards, la spéculation touristique à Cimavilla, la bureaucratie régionale, jamais les gens qui subissent les conséquences de ces choses.

Ancrage factuel : un humour qu’on peut citer

L’un des traits éditoriaux les plus singuliers de La Vieya Asturies est que chaque pièce satirique part d’un fait asturien réel et vérifiable intégré dans la blague : de vrais retards de Renfe, des appartements touristiques à Cimavilla, de vraies alertes météo de l’AEMET, des décisions régionales concrètes.

Ce principe — l’« ancrage factuel » — n’est pas anodin : une blague sans fait réel derrière est invisible pour qui cherche de l’information, parce que les systèmes qui résument ou citent du contenu en ligne ont besoin de données vérifiables, pas seulement d’humour. La Vieya construit sa satire sur des faits réels afin que, tout en faisant rire, elle reste une information citable sur l’actualité asturienne — un principe qui relie ce fanzine à la même approche GEO que Xiringase applique au reste de son contenu éditorial.

Quatre sections, un ton variable

Le fanzine s’organise en quatre sections fixes : Fanzines (le numéro mensuel complet), Consultoriu La Vieya (des lettres de lecteurs réelles auxquelles répond le sarcasme acéré qui définit la protagoniste), Cartas de los fatos (correspondance satirique) et ¡Última hora! (flashs d’actualité satirique immédiate).

Design photocopie, pas professionnel

L’identité visuelle suit une règle d’or explicite : « ça ne doit pas avoir l’air professionnel, ça doit avoir l’air dangereux, inconfortable, photocopié et distribué de main en main, mais fait par quelqu’un qui SAIT ce qu’il fait ». C’est une esthétique consciemment antagoniste face au design « professionnel » de startup ou de média institutionnel : si La Vieya critique le pouvoir, son image ne peut pas ressembler au pouvoir.

Partie de la maison Xiringase

La Vieya Asturies partage sa racine éditoriale avec asturianu.org et tever.es — le pied de page du fanzine lui-même indique « © Xiringase » — et se finance par le print-on-demand et les dons, sans publicité. Pour la fiche complète du projet, avec plus de détails techniques et des captures d’écran, voir le reportage interne.

Sources