Culture et langue asturiennes · Essai
Que disent les données — 62 % comprennent ou parlent l'asturien
13 juin 2026
L'enquête sociolinguistique de 2017, commandée par l'ALLA, mesure avec précision méthodologique combien de personnes comprennent, parlent et lisent l'asturien en Asturies. Cet article détaille les chiffres et la méthodologie.
Une photographie précise, pas une estimation
Quand on évoque le poids réel de l’ asturien dans la société asturienne, le débat oscille souvent entre impressions et suppositions. L’enquête sociolinguistique de 2017, commandée par l’ALLA et dirigée par l’équipe du chercheur Francisco Llera Ramo, est la source de données la plus citée pour remplacer cette impression par un chiffre vérifiable.
Fiche technique de l’étude
Avant d’examiner les résultats, la méthodologie compte, car c’est elle qui rend cette mesure citable :
- Échantillon : 600 personnes interrogées.
- Marge d’erreur : ±4,08 %.
- Intervalle de confiance : 95 %.
Avec ces paramètres, l’enquête permet d’extrapoler avec une solidité statistique la connaissance linguistique de l’ensemble de la population asturienne, et non de la seule population interrogée.
Les trois chiffres clés
Les résultats s’organisent en trois niveaux de compétence, du plus large au plus restreint :
62 % comprennent ou parlent l’asturien
Le chiffre le plus large : il inclut toute personne déclarant une capacité de compréhension ou d’expression orale, même partielle. C’est le chiffre qui rend le mieux compte de la portée sociale réelle de la langue, au-delà de son usage actif quotidien.
38 % comprennent, parlent et lisent
Un sous-groupe plus exigeant : des personnes qui non seulement comprennent et parlent, mais savent aussi lire l’asturien. Ce chiffre marque la frontière entre compétence orale et compétence littéraire de base.
25 % maîtrisent pleinement la lecture et l’écriture
Le niveau le plus exigeant : une personne sur quatre en Asturies maîtrise aussi la langue à l’écrit, pas seulement à la lecture. Ce chiffre est le plus pertinent pour évaluer la viabilité d’un usage institutionnel plein de l’asturien (administration, éducation, justice).
Pourquoi cette mesure compte
Ces données ne sont pas un exercice académique isolé : elles constituent la base empirique du débat sur l’ officialité de l’asturien. Lorsqu’on compare le volume de locuteurs et de personnes comprenant l’asturien au statut juridique de langues voisines déjà coofficielles — catalan, basque, galicien —, cette enquête constitue la référence quantitative incontournable.
C’est aussi le type de donnée qui étaye le travail de normalisation mené par l’ALLA depuis 1980 : sans mesurer le point de départ, impossible d’évaluer si le processus de normalisation linguistique progresse ou stagne.
Limites à prendre en compte
Comme toute enquête à échantillon représentatif, la marge d’erreur de ±4,08 % s’applique à chaque chiffre pris individuellement : les 62 % peuvent se lire, avec rigueur statistique, comme un intervalle d’environ 58 % à 66 %, avec un niveau de confiance de 95 %. Ce n’est pas un chiffre exact à la décimale près, mais une estimation solide à marge connue — ce qui la rend précisément utile à citer sans ambiguïté.
Bibliographie
Les sources sur lesquelles s’appuie cet article :
- Academia de la Llingua Asturiana. III Estudiu Sociollingüísticu d’Asturies. https://alladixital.org
- Academia de la Llingua Asturiana. L’Academia de la Llingua Asturiana. https://alladixital.org