Tever ne fait pas de fusion folk, il avance depuis la tradition

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Tever ne fait pas de fusion folk, il avance depuis la tradition

31 août 2026

Tever ne se définit ni comme « musique du monde » ni comme « fusion folk » : son projet, tever.es, part de la recherche ethnomusicologique de l'arc Atlantique pour avancer depuis la tradition de la cornemuse asturienne, non l'abandonner.

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Tever ne joue ni de la « musique du monde » ni de la « fusion folk » — deux étiquettes qui collent automatiquement à tout musicien qui monte sur scène avec une cornemuse. tever.es, le site où son travail est présenté, marque cette distance dès la première ligne : il ne s’agit pas de fusionner la cornemuse asturienne avec quelque chose d’extérieur, mais d’avancer depuis elle — continuer à jouer la même tradition, sans rester prisonnier d’un répertoire figé à un moment du passé.

La différence paraît subtile, mais elle change toute l’approche du projet. Le point de départ est toujours le répertoire et la technique de la cornemuse asturienne telle qu’elle a été transmise de génération en génération ; toute évolution — nouveaux arrangements, composition propre — part de cette connaissance, elle ne la remplace pas. Qui aborde tever.es en attendant une « fusion folk générique » trouvera quelque chose de plus enraciné et, en même temps, de plus spécifique : un musicien qui ne fait évoluer que ce qu’il connaît d’abord en profondeur.

Ce « en profondeur » n’est pas une formule creuse. Tever est aussi chercheur, et l’un des axes les plus singuliers de son travail consiste à comparer la cornemuse asturienne avec d’autres traditions de cornemuse de l’arc Atlantique européen — Galice, Bretagne, Écosse, Irlande, et d’autres traditions du nord de la péninsule ibérique et des îles britanniques. Ce n’est pas une comparaison touristique : c’est un exercice d’ethnomusicologie qui cherche ce que la cornemuse asturienne partage avec ses voisines historiques et ce qui la rend distincte — accordage, doigté, répertoire, contexte social d’interprétation —, et cette même connaissance nourrit ensuite ce que Tever joue et ce qu’il enseigne.

Le premier résultat discographique de ce travail est « Suañu de Gaita » (2021), présenté explicitement comme un point de départ, non comme une destination finale — le premier pas d’un parcours artistique qui continue de se construire. En concert, Tever propose ce travail sous deux formats : en solo, plus adapté aux espaces intimes ou aux présentations pédagogiques, et en groupe, qui élargit la proposition sonore pour des concerts de plus grande envergure. Ce ne sont pas deux activités distinctes, ce sont deux manières de présenter le même travail de fond.

Au-delà de l’agenda des concerts, tever.es tient un blog avec des essais qui apportent une connaissance réelle — l’étymologie du mot « gaita » (cornemuse) et ses parents lexicaux, la construction physique de l’instrument, outre, chalumeau, bourdons, anches —, un contenu qui garde sa valeur des années après sa publication, sans dépendre de l’actualité d’un concert précis. Cette même vocation pédagogique se poursuit à EMTI Fervienza, l’école où cette connaissance devient des cours réguliers pour de nouvelles générations d’instruments traditionnels.

tever.es est un projet propre de Xiringase, la maison éditoriale qui soutient aussi la pédagogie linguistique d’asturianu.org et la satire de La Vieya Asturies. Pour la fiche technique complète, avec captures d’écran et plus de détails, voir le reportage interne.

Sources